Une découverte virtuelle...

Le roi Saint Louis et ses commandes d'ouvrages religieux

Source : BNF (Bibliothèque Nationale de France) & Bibliothèques de l'Université de Montréal

Voici trois oeuvres commandées par le roi Saint Louis pour sa dévotion personnelle qui contiennent des trésors inestimables pour l'humanité tout entière. Bienvenue pour une visite virtuelle... au fil des pages.

Titre : Psautier dit de saint Louis

Date d'édition : 1270-1274
Type : manuscrit

Langue : Latin

Format : Paris

Écriture gothique

Décoration :

• La décoration luxueuse du manuscrit atteste qu’il s’agissait d’une commande royale.

• Le texte du psautier est précédé d’une série de 78 peintures pleine-page, chef-d’œuvre de l’enluminure parisienne du XIIIè siècle. Y sont représentées diverses scènes des premiers livres de l’Ancien Testament, depuis l’offrande d’Abel et de Caïn jusqu’au couronnement de Saül. Les peintures sont disposées face à face par deux, avec une légende explicative au revers. Elles réunissent les qualités qui caractérisent le style parisien postérieur : élégance des personnages, rythme raffiné des lignes, sobriété des coloris à deux tonalités dominantes (bleu et mauve pâle) sur des fonds or. L’espace, cependant, reste à deux dimensions. On note l’importance accordée à l’élément architectural, rappelant les réalisations monumentales de l’époque, notamment la Sainte-Chapelle.

La mention inscrite au folio Av a suggéré aux historiens que le Psautier avait été commandé par saint Louis : « Cest psautier fu saint Loys. Et le donna la royne Jehanne d’Evreux au roy Charles, filz du roy Jehan, l’an de grace mil trois cens soissante et nuef. Et le roy Charles, present filz dudit roi Charles, le donna a madame Marie de France, sa fille, religieuse a Poyssi, le jour saint Michel, l’an mil .IIII.c . [...] ». Leroquais en data l’exécution entre 1253, date de la canonisation de saint Pierre de Vérone (29 avril), et 1270 (mort de saint Louis).

Au treizième siècle, l'importance politique de la France va en s'accroissant. De même, l'art français connaîtra une efflorescence sans précédent avec pour épicentre l'Île de France. De magnifiques cathédrales s'élèvent alors dans le ciel du pays. Le roi Louis IX (saint Louis) réputé pour ses qualités d'homme de cœur et d'action et fervent bibliophile entretient un scriptorium dans sa capitale. De cet atelier naîtra le présent Psautier.

Ce manuscrit somptueux était destiné au recueillement royal dans la Sainte-Chapelle qui abritait la couronne d'épines du Christ. Les éléments iconiques, les encadrements, les architectures et les figures permettent de distinguer six enlumineurs distincts. Document historique de premier plan, le Psautier illustre des personnages bibliques tirés de l’Ancien Testament revêtus des armures des croisés, des costumes des dames de la cour et des troubadours du XIIIe siècle.

Chaque illustration pleine page est encadrée de rinceaux épineux et possède un couronnement architectural obéissant à un vocabulaire dérivé de la Sainte-Chapelle et de son architecte Jean de Montreuil. Les corps des figurants sont rythmés, leurs gestes régis par une chorégraphie cérémonielle répondant à l'élégance de la cour et à l'étiquette raffinée, parfois maniérée de la noblesse française. Si l'art byzantin semble avoir influencé les enlumineurs, il est possible que ces derniers aient accompagné saint Louis dans ses croisades. Il n'en reste pas moins que le gothique français s'exprime ici à son niveau le plus élevé: devant un fond d'or éclatant, le rouge et le bleu rappellent la luminosité surnaturelle des vitraux des cathédrales gothiques.

Extraits (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

 

Pour voir l'oeuvre et la notice complète :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447877n.r=Psautier+de+saint+Louis.langFR

Titre : Psalterius [psautier latin dit de saint Louis et de Blanche de Castille]

Date d'édition : 1225-1235

Type : manuscrit

Langue : Latin

Format : Ecriture du 1er tiers du XIIIe siècle, à longues lignes aux f. 31-185, sur 2 colonnes aux f. 186-190. Paris.

Enluminé par le Maître de l'atelier de Blanche de Castille. Le manuscrit contient 27 grandes miniatures.

Ce manuscrit, réalisé pour une femme d'après l'oraison du f. 190, rédigée au féminin ("me miserrimam peccatricem"), a probablement été commandé par la mère du roi saint Louis, Blanche de Castille. Il a en effet été peint dans un atelier parisien qui a travaillé pour la reine à plusieurs reprises. Le psautier a été conservé dès le XIVe siècle à la Sainte-Chapelle de Paris, dans l'inventaire de laquelle il apparaît pour la première fois en 1336. Charles V fit réaliser vers 1377 une chemise brodée à fleurs de lis d'or, destinée à sublimer ce manuscrit considéré comme une relique du roi capétien Louis IX, canonisé en 1397 et plus connu sous le nom de saint Louis. Le psautier dit de saint Louis et de Blanche de Castille est demeuré à la Sainte-Chapelle jusqu'à la Révolution française. Confisqué et versé dans les dépôts littéraires en 1791, il a été attribué à la Bibliothèque de l'Arsenal, où il est entré en 1798. Le psautier a été brièvement déposé au Musée des Souverains, musée destiné à abriter des objets ayant appartenu aux souverains de la France, créé en 1852 par la volonté du prince-président Louis-Napoléon et définitivement supprimé en 1872 (étiquette, no 65, au contreplat supérieur). Le psautier est conservé depuis le XIXe siècle dans un coffret de chêne, à clous d'acier carrés.La chemise à fleurs de lis est également conservée à la Bibliothèque de l'Arsenal.

Extraits

Pour voir l'oeuvre et la notice complète :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7100723j.r=saint+louis+psautier+manuscrit+saint+louis.langFR

Titre : Biblia sacra [dite Bible de saint Louis]

Date d'édition : 12600-1275

Type : manuscrit

Langue : Latin

Format : Paris

Écriture gothique

Pour Robert Branner la décoration du manuscrit peut être attribuée à l’atelier Aurifaber, à qui l’on doit l’illustration d’un grand nombre de Bibles entre 1250 et 1290. Les artistes de l’atelier se distinguent notamment par l’abandon des teintes sombres et l’adoption de couleurs telles que l’orange, le gris, le vert et le blanc. De ce groupe émergent deux peintres à qui l’on doit la décoration du ms. Latin 10426 ainsi que celle d'une autre Bible conservée à Washington (Library of Congress, 19). On note la grandeur des initiales et l’entrelacs des figures. Les silhouettes sont linéaires, les plis des draperies accentués par un fin trait d’encre.

Extraits :

    

Pour voir l'oeuvre et la notice complète :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447291v.r=saint+louis+psautier+manuscrit+saint+louis.langFR