Chronique 2019-2 : Les mots qui restent...

Pour servir au mieux le lecteur, il faut aussi lui offrir un large choix d’idées, proposer des thèses contradictoires, des approches dénuées de toute censure afin qu’il aiguise son esprit critique et choisisse en argumentant.

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Avant de partir à la retraite, Aleth Depaz, Responsable de la Bibliothèque diocésaine de Bordeaux nous a laissé cette chronique de printemps 2019.

 

"Comprends-tu ce que tu lis… ?

 

Et comment le pourrais-je, si personne ne me guide … ?" (Actes des Apôtres, 8,3-31)

 

Cette phrase accueille le visiteur qui passe la porte de la Bibliothèque et résume le travail qui s’y accomplit. Au service de l’homme et au service du livre.

 

Il est essentiel dans un premier temps d’identifier les recherches exprimées sans se substituer au lecteur. On l’interroge, on le cerne, on le provoque aussi parfois pour pouvoir ajuster notre réponse. On identifie le type de document recherché, vulgarisation, sujet transversal, déroulé historique, focalisation sur une seule thématique. On fait un travail de maïeutique qui laisse le chercheur maitre de ses découvertes sans rien imposer.

 

Et pour pouvoir donner une réponse adéquate, il faut avoir auparavant été au service du livre. Il faut l’avoir, non pas lu - c’est impossible et frustrant, mais c’est ainsi - il faut l’avoir donc, analysé, humé, décrypté, à partir d’indices. L’auteur et le thème, bien sûr, mais aussi l’année de publication, l’éditeur. On entre également dans les tables des matières. On observe l’appareil critique, la bibliographie offerte, la collection à laquelle il appartient. Et de la pertinence de cette observation dépendra la justesse de la réponse donnée.

 

Pour servir au mieux le lecteur, il faut aussi lui offrir un large choix d’idées, proposer des thèses contradictoires, des approches dénuées de toute censure afin qu’il aiguise son esprit critique et choisisse en argumentant.

 

L’accompagnement peut aussi se faire par la découverte du beau, de l’insolite, de la nouveauté. Dans le regard mis sur un ouvrage ancien exposé comme un jalon dans l’évolution du savoir. Dans l’ouverture à d’autres ressources au-delà de notre fonds. Dans l’exploitation de toute forme de connaissance.

 

Voici, au moment de quitter cette belle Bibliothèque, l’esprit qui m’a animé pendant les années passées au service. Cette tâche m’a infiniment enrichie par sa dimension humaine, intellectuelle, pastorale, et j’espère avoir été le serviteur aux cinq talents de l’Evangile (Matthieu 25,14-30).

Aleth Depaz

 

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