Chronique 2019 - 1 : Les coulisses d'un exploit

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« Vous êtes bibliothécaire ? … Quelle chance ! J’adore lire… » Fatale erreur, un bibliothécaire NE LIT PAS, il travaille sur / avec / pour le livre et les lecteurs, mais il ne lit pas ! Ce métier est d’une frustration totale.

 

Cette modeste présentation propose de démystifier le lieu et le métier, mais aussi de dévoiler ce qu’il a pourtant de passionnant et d’addictif.
Prêt pour un marathon en 8 étapes ?

1/ L’ARRIVÉE DES OUVRAGES

Ils proviennent de dons ou du fonds non informatisé de la bibliothèque
Vérifier s’ils n’existent pas déjà dans la base de données, c’est le fameux ONAONAPA…
Les livres recalés ont une seconde chance à la braderie…

2/ L’ORGANISATION

Pour mettre un peu de cohérence dans les ouvrages gardés, on les dispatche par grands thèmes :
Bible, Théologie, Magistère, Droit canonique, Littérature, Philosophie etc….
Et une première interrogation : le livre sur lequel je travaille fait-il partie d’un ensemble ? De quel sujet traite-t-il ??

3/ LE TRAITEMENT INTELLECTUEL : LA COTATION

Il s’agit de faire entrer, parfois au chausse-pied, le livre dans un plan de classement en ayant aussi vérifié qu’il n’est pas redondant avec les livres du fonds.
Ont lieu parfois des séances de réflexion intense : pour tel ou tel livre, quelle côte choisir ?
- D132 Théologie de la Grâce ou L240 Louange, livre de dévotion ??
- P120 Sociologie religieuse ou H310 Histoire du concile, fin XX° siècle (mise en œuvre, réflexion autour ??
Lorsque l’angoisse monte, on cogite à plusieurs, et la solution arrive, évidente ou consensuelle.

4/ L’INFORMATIQUE AU SERVICE DU LIVRE

Le livre est maintenant prêt à être adoubé par la BNF (Bibliothèque Nationale de France) et à recevoir code-barres et étiquette liés à une notice informatisée.
Il rentre alors par la grande porte dans la Base de Données. Finie la tranquillité, n’importe quel internaute de Cochinchine ou de Patagonie, de Manhattan ou de Papouasie, de Zanzibar ou de Talence peut le débusquer à n’importe quel moment :
• les bases de données ne dorment jamais, les bibliothécaires, si,
• les bases de données ne posent jamais de questions, les bibliothécaires, si.

Ils conseillent, cherchent, proposent, renseignent, dialoguent. C’est la valeur ajoutée, le service, l’humain.

5/ LES REVUES

Il est un autre mode de l’écrit : les revues.
• Elles sont vivantes : on y est abonné et elles complètent l’offre des livres par une actualisation du savoir, une résonance immédiate.
• Elles sont fermées : elles existent mais nous n’y sommes plus abonnés.
• Elles sont mortes : elles ont cessé de paraître.
Ces deux dernières catégories sont un terreau vivant où poussent les chercheurs. Prisées des historiens, elles sont irremplaçables pour étayer les idées et affiner les théories.

6/ LE PATRIMOINE

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Ah ! Le beau mot… Culture/Art/Patrimoine/ Incunables, ça fait rêver…
Mais la réalité est que le futur s’appuie sur un passé qu’il est de notre devoir de transmettre et donc de conserver dans de bonnes conditions et de restaurer. Et c’est ainsi que chaque année, la réalité rejoint le rêve en dégageant un budget (grâce en partie à la braderie) pour restaurer des ouvrages mal en point.
Vous voulez un exemple ? Regardez donc la vitrine de la salle de consultation...
Dans ce même esprit de pérennité, les revues les plus importantes sont données à relier pour les protéger.

7/ LA BEAUTÉ SAUVERA LE MONDE

Vient aussi le moment où, conscient de la richesse dont on est gardien, on souhaite la faire partager. C’est le temps des expositions. Faire connaître et, ce faisant, mieux connaître soi-même. Cette bibliothèque est un trésor, des pépites s’y cachent qui doivent aux bibliothécaires précédents d’avoir été sauvegardées.
Les expositions ont eu la modeste ambition de rendre visibles des ouvrages méconnus, de proposer des rapprochements, de confronter des points de vue, d’élargir des problématiques.
C’est une histoire de tête, de cœur et… de mains où la forme est aussi importante que le fond. Mais là aussi il faut élaguer, restreindre, organiser, aller dans le détail pour offrir à chaque document l’environnement qui le rendra pertinent et unique. Alors viennent les cartels, la colle, les ciseaux, les panneaux, les chevalets et le système D et les multi-micro-tâches.

8/ ET AILLEURS, C’EST COMMENT ?

Question mystère ! Réponses à découvrir dans la salle d'exposition de la bibliothèque.

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